Le VOL DU PHOENIX 3 ans

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Le VOL DU PHOENIX 3 ans

Message  Michele66 le Dim 27 Nov - 21:17

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Près de 3 ans ont passé depuis ce terrible 5 janvier 2007 !

Deux années atroces dans le questionnement absolu parce qu’étaient restée en suspens toutes les questions relatives aux causes exactes de la séparation, au cœur d’une bagarre judiciaire effrénée pour avoir à me défendre d’être simplement une transsexuelle allée jusqu’au bout.

Devoir répondre à la demande d’une condamnation aux tors exclusifs demandés contre moi, assortie de différentes demandes de pensions et autres frais.

Deux années de reconstruction aussi à poser les bases d’une nouvelle vie, à s’approprier le vide familial laissé par la trahison de toute une famille, parents, enfants et épouse ; partir à la conquête de mes contacts de vie ou professionnels pour faire accepter cette Michèle que peu de gens connaissaient, entrer de plein pied dans ce que l’on a toujours voulu être pour entrer dans la réalité de ce que l’on est, en plein milieu d’un champ de ruines !

Je me souviens des paroles d’une chanson qui dit :
« Elle a du faire toutes les guerres…de la vie aussi, pour être si forte aujourd’hui. »
C’est bien pour cela que face au mensonge et à la calomnie, je me sens inatteignable mais pas moins déterminée à torde le coup d’une fausse rumeur concernant ma prétendue mauvaise vie.

Sincèrement je ne suis pas exempte de reproches comme tout un chacun, mais pas à ce point.
On ne peut pas faire cette démarche sans avoir de « cadavres planqués dans les placards » et, je peux sans risque d’erreur dire que ce sont les plus officiellement moralistes qui ont de la peine à fermer les portes de leurs rangements à balais.

Une amitié tendresse est devenue mon quotidien dont je ne parlerai pas parce que c’est de l’ordre du privé, par respect pour mon amie qui tient à se couler dans la société sans heurts, sans témoignages fracassants, dans la simplicité des gens qui sont simplement eux-mêmes et que rien ne différencie des autres.
Je peux quand même avouer que si j’écris ces lignes, c’est bien grâce à elle car le « grand saut » au propre comme au figuré s’est joué à une ou deux secondes près, juste sauvée par la pensée lancinante de ne pas donner de grain à moudre aux détracteurs de la transidentité et l’envie de donner une suite à un sentiment naissant.

Le divorce est prononcé depuis janvier 2009 après deux ans de procédure et s’est achevé par une sorte de jugement de Salomon, aux tors partagés, le tribunal admettant que mon épouse était bien au courant depuis de nombreuses années et ayant participé activement à ma démarche de réassignation mais qu’il pouvait se comprendre que le couple ne pouvait pas rester ensemble dans la mesure où l’un des deux n’était plus d’accord pour cause paraît il d’égocentrisme, faux témoignages familiaux à l’appui.

Cela reste néanmoins une énorme victoire car tous les jugements similaires précédents se sont soldés par les tors exclusifs à l’encontre de la personne transsexuelle. Je dois remercier mon amie L. pour son soutien juridique averti.

Ma plus belle revanche prend sa source dans l’aspect professionnel de ma vie alors que cela a été une des principales raisons inavouées mais déterminantes de mon ex épouse. Comme toujours en pareil cas, les langues ne se délient qu’avec le temps et les raisons obscures passées sous silence émergent du fatras des motivations de surface.
J’avais été taxée de fainéant par la plus lamentables de mes belles-sœurs, pluri divorcée, pluri remariée, fossoyeuse de l’enfance de tous ses enfants de couches différentes, assistée chronique, pour ne pas avoir repris le travail moins de 3 mois après mon OP alors que je ne pouvais pas encore mettre un pied devant l’autre. Thèse corroborée par ma fille cadette, une peste terrible, qui ne me voyait pas rebondir dans mon travail et vivre le reste de mes jours aux crochets de sa mère !!!!!

Et pourtant j’ai pu opposer à cela un formel démenti parce que la transition dans mon métier est devenue ma plus belle réussite. J’ai eu depuis une augmentation significative de mes activités et une reconnaissance unanime de tous mes contacts professionnels.
La plupart des centres de jeunes pour lesquels je travaille ont témoigné de ma parfaite adaptation à la situation qualifiant d’autorité bienveillante et parfait professionnalisme toutes mes interventions. Jusqu’aux ados pourtant réputés inatteignables qui se sont intéressés à ces cheminements inconnus et ont voulu lors de soirées débat comprendre pourquoi un homme bien installé dans sa vie pouvait risquer le tout pour le tout d’une nouvelle identité dans une société encore passablement homophobe et en l’occurrence transphobe.
Certes, je n’achèterai pas une Porsche à la fin de l’année mais je vis bien sans soucis financiers majeurs.
En vertu d’un principe simple : « Aide-toi, parce que le ciel ne t’aidera pas ! » Et pourtant je suis chrétienne.

En ce qui concerne certaines relations et amitiés, en trois ans, comme disait Coluche, « j’ai lavé plus blanc que le blanc » et fait le tri des vrais par rapport aux faux jetons du genre sourire par devant, enfoirés par derrière ; à commencer par les prétendus chrétiens de la paroisse que je fréquentais dans laquelle trône désormais en passionaria du transsexualisme, une réelle menteuse et parjure qui enseigne néanmoins les règles de la bonne vie aux enfants du catéchisme.
Dans le milieu trans aussi, j’ai fait un peu de ménage, renvoyant à ses foyers et son égo surdimensionné une « bord de lac » qui se permettait de porter des jugements de valeur sur ma foi, dégagé des alcoolos notoires qui ont squatté mon domicile en démolissant tout ce qu’ils pouvaient sur leur passage, à commencer par la reconnaissance que j’avais d’une aide dans les temps primordiaux d’une nouvelle naissance et, pour finir, plusieurs esprits chagrins que mon auto défense active dérangeaient dans ma séparation.

Michèle aujourd’hui ?

Bien dans sa tête, bien dans son âme, bien dans son corps, bien dans son métier, bien dans sa vie sauf qu’une énorme cicatrice lui zèbre le cœur, de celles qui ne font plus souffrir tous les jours mais qui se rappelle à l’ordre quand les rhumatismes moraux s’éveillent avec le mauvais temps…

Accomplie !!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!

Probablement, en guise de conclusion : « Un mal pour un bien » parce que ne céderais pas ma situation d’aujourd’hui à personne autant elle correspond aujourd’hui à la réalisation d’une multitude d’espérances.
Ce que j’aurais bien aimé, c’est partager cela avec d’autres mais le contexte d’aujourd’hui m’en a ôté le désir puisque le maître mot de la discussion ne porte plus que sur de prétendues frustrations, de jalousies, par des gens que je ne connais même pas et qui ne se complaisent qu’en victimisations diverses.

Une dernière étape reste à franchir, l’identité mais je la parcours sereinement puisqu’elle n’est plus qu’une reconnaissance sociale.

J’ai fait mes choix, je les assume pleinement…et même si cela doit rester lettre morte ou sujet de controverse :
« Je suis heureuse et je prends la vie qui passe comme un cadeau ! »

Michèle.

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