RETOUR VERS LE FUTUR.

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RETOUR VERS LE FUTUR.

Message  Michele66 le Jeu 12 Jan - 8:08

Je vous offre là, un petit extrait de "L'HOMME DE VERRE"

Contexte: Après avoir fait un retour fracassant dans ma vie d'homme suite à des promesses à ma meilleure amie mourante, dans ce passage que j'ai intitulé "La Félure" je raconte "un peu" la renaissance de Michèle/Aubeline.
C'est un moment intense dans ma vie, pour preuve que "transsexuelle" la lutte est inégale entre nos persopnnalités: Ce qui doit être sera!
Que personne n'y voit une critique mais ce texte se veut une simple illustration qu'une "orientation transgenre" comme j'ai essayé de la faire mienne, n'est pas tenable dans le temps pour une personne profondément transsexuelle!
Le mot fin est écrit d'avance quoi qu'on fasse, la conclusion qui précède est celle de ma réalité d'aujourd'hui


La fêlure


Et puis, le verre fragile de ma vie s’est à nouveau brisé !

Après seulement quelques années d’un court répit !
Je suis encore moi, en étant « Elle » !

Aubeline ou Michèle suivant si je pense ou j’écris,
Suivant si je suis publique ou secrète !


Subrepticement mais de plus en plus violemment la souffrance s’est à nouveau installée.
Cabrée de toutes mes force, j’ai résisté avec l’énergie du désespoir contre une véritable déferlante qui m’engloutissait irrémédiablement.
Quand la raison chancelle et appelle à une monstrueuse espérance de chaque instant, le cœur s’arc boute souvent pour tout refuser en bloc dans l’enfer de tout un être.
J’ai compris que j’étais liée à un destin complètement fou et que cette contrainte ne me quitterait jamais, avec comme question lancinante :
« Que faire ? », avec seulement deux alternatives : « Tout refuser ou tout accepter. »

Refuser avant tout pour respecter mes serments de normalité offerts sincèrement à une mourante quand Valérie était partie et à une vivante avec laquelle je repartageais ma vie avec tendresse et respect.
Je ne pouvais pas accepter au risque de me renier moi-même tout en sachant au fond de moi qu’il me faudrait contre mon gré pactiser intelligemment avec (elle!), de peur quelle ne me détruise.
Le tout étant de savoir ce que je pouvais lâcher en osant encore me regarder dans une glace. Normalement rien, quand elle me demandait tout.

Un temps de vie chaotique avec en face de moi le possible, l’acceptable et le probable :
« devenir la femme que j’ai toujours voulu être ? »
Face à l’inacceptable : « rompre mes promesses ? »

Malgré tout, lentement, à pattes de velours, Michèle est revenue à la vie………….


Pendant ces longues années je m’étais emmurée, enfermée dans un profond silence, barricadée volontairement dans un personnage qui n’était pas moi mais que je tentais de vivre sincèrement.
Simplement un homme, travaillant, aimant, époux et père !

J’avais érigé des barricades infranchissables contre toute féminité :

Moi, la sportive, je m’étais laissée devenir presque obèse, car je ne pouvais plus voir mon corps comme je le ressentais.
Je ne pouvais l’aimer tant il me dégoûtait dans son aspect masculin difforme, mais, au moins, les courbes plus graciles patiemment acquises ne me hantaient pas à chaque instant..
Un seul mot d’ordre : Ne plus me laisser aller à ma nature féminine première
Not to be !

Alors fini les belles envolées dans la poudreuse, je ne pouvais plus me remuer; fini les randonnées en haute altitude, je ne pouvais plus respirer.
J’étais redevenue un homme commun dans toute sa splendeur machiste : hominus vulgaris, seulement cela !
En dehors de quelques parties de pêche avec mon fils et quelques amis, les occasions de faire de l’exercice s’étaient sérieusement amenuisées et je ne les recherchais pas.
En avais-je seulement envie ?

Moi, la féminine, profitant de l’âpreté du milieu professionnel dans lequel j’exerçais, je devins dur, grossier aussi, en me rendant compte que de temps à autres la comédie que je jouais sonnait totalement faux.
Je travaillais dans ma société de 6 heures du matin à 20 heures le soir avec pour seul horizon 3 ou 4 téléphones en train de sonner ensembles ou séparément, avec un associé à moitié fou qui montait sur la table en vociférant à la moindre contrariété.
Ce qui était monnaie courant au fil des heures !

Moi, dans l’ensemble plutôt cultivée, je ne lisais plus, n’écrivais plus, m’abrutissant des soirées entières devant un petit écran insipide faisant de moi un français intellectuellement moyen sans recherche fondamentale d’avenir.
Auto, boulot, télé et dodo !
Il me fallait être un mec et j’étais un mec !
En manque de repères réels, je n’avais pas choisi le meilleur modèle, c’est sur !

J’avais rejeté jusqu’à ma culture propre qui me faisait peu temps avant ces jours noirs penser au féminin, écrire au féminin.
J’avais du prendre le contrôle absolu de tous mes propos qui m’avait toujours fait répondre, spontanément, au féminin, d’abord dans ma tête, par des mots prononcés ensuite.

Nous vivions, mon épouse, mes enfants et moi à la frange d’une des nouvelles communautés religieuses du Renouveau Charismatique et je m’abrutissais en prières, pleurant à genoux sur les tapis de l’église toute les larmes possibles de ma culpabilité :

« D’avoir été une Transsexuelle ! » en précisant bien dans mon fort intérieur que je ne l’étais plus car Dieu et ma foi m’avaient sauvés de cette hérésie.

« J’étais redevenu un homme ! »
Si je dois un jour me confesser de toute mon âme de mon plus énorme mensonge, ce n’est assurément pas d’avoir pensé être transsexuelle, du moins transgenre mais d’avoir utilisé le passé…simple, pour qualifier mon état :
Je n’ai jamais été rien d’autre que transsexuelle et me croire sortie de cet état, même pour un cours laps de temps tenait véritablement de la politique de l’autruche dans la plus parfaite mauvaise foi.

J’ai largement évoqué cette période de ma vie dans un autre paragraphe sous le titre « Mystique » tout en sachant que je ne pourrai jamais le terminer complètement tant mes sentiments par rapport à ma foi sont contradictoires et se télescopent.
Je pense que je ne pourrai jamais analyser pleinement tous les mécanismes qui ont fait renaître l’homme de ses cendres, non plus comment la femme a pu briser les mille gangues dressées autour d’elle :
La destinée ou le dessin d’un Dieu sur un être humain ?

Je ne me suis pas éveillée un matin en disant je ne suis plus un homme et je suis redevenu une femme, ce fut, si je puis dire infiniment plus insidieux que ça.
Comme un petit air de printemps que l’on sent courir sur la nature quand elle s’éveille d’un long hiver.
Moins poétiquement dit des torpillages sous marins dans des convois maritimes officiellement inattaquables…mais coulés un à un par une meute d « U-boat » à la curée !

De simples concours de circonstance imbriqués les uns dans les autres sonnèrent l’olifant autours des murs de ma Jéricho masculine qui s’effondra comme un château de cartes!
Poussiéreuse certes, ma féminité était intacte.
C’était, il y a une grosse quinzaine d’années !

Si tout cela s’est fait globalement, dans les instants de la vie de tous les jours, il y a eu cependant des temps plus forts dont je me souviens assez pour les relater :
« Un soir de Paques, l’une des solennités les plus importantes du monde chrétien, très traditionnellement fêtée dans nos contrées catalanes, j’avais assisté à une veillée religieuse. L’office était beau et je me sentais bien dans cette soirée.
Un grand feu avait été allumé sur le parvis de la cathédrale, symbolisant le retour à la lumière.

Durant ces instants, comme le veut la tradition catalane, un groupe de jeunes gens totalement à leur joie de vivre avaient envahi le fond de la place chantant des chants catalans traditionnels et quémandant quelques bonbons que les gens descendaient des étages dans un panier suspendu au bout d’une longue corde.
Il n’y avait rien dans leur façon d’être et d’agir qui fut un tant soit peu répréhensible, au contraire, pourtant j’entendis tout près de moi une paroissienne se lamenter sur leur avenir qui les menait tout droit en enfer pour leurs acte païens, louant le ciel de nous éviter, nous chrétiens (de première classe) une telle perspective.

Et mon intégrisme religieux explosa en mille feux d’artifice pendant que mon pays vivait aussi à sa manière, qui vaut toutes les autres, la résurrection du Christ.
Je venais de me redécouvrir appartenant à tout un peuple…encore vivant !

J’ai commencé alors à vouloir renouer le contact avec des amis abandonnés sans la moindre excuse, si ce n’est l’isolement qui s’installe obligatoirement lorsque l’on intègre des systèmes sectaires.
Il en est qui ont mal réagi et n’ont pas désiré reprendre nos relations où on les avait laissées, d’autres sont revenus vers nous non sans verts reproches sur notre défection.

Et la canonnade anti-mec s’intensifia !

Un autre projectile atteignit mon emploi quand un de mes bons clients me laissa une ardoise sévèrement épicée.
Dans l’import export, notamment en fruits et légumes, les envois se font par camions entiers, ce qui veut dire que les sommes brassées sont souvent assez considérables.
Peu après, un autre client nous gratifia d’une faillite frauduleuse en prime !
Toute la déontologie du métier était en train de s’effriter, pour faire place à l’inquiétude permanente de l’impayé !
Ce n’était plus une vie que de travailler comme un fou, pour combler des gouffres financiers.
La coupe était pleine, au comble du découragement, à un moment où nos comptes étaient équilibrés, je donnai jusqu’à mes parts de la société à mon associé pour me refaire une nouvelle vie.
Je voulais rompre avec la folie laborieuse des années passées pour me diriger vers l’un des métiers passion qui m’avait attiré dans ma jeunesse:
Les métiers du sport et de l’animation !

Mes diplômes fédéraux de voile étaient vieux, ceux de ski encore plus, et avec ma prise de poids, il était utopique d’imaginer un instant passer les nationaux d’accompagnateur moyenne montagne.
Je venais de découvrir le tir à l’arc avec quelques succès !

Un coin de folie dut habiter mon esprit car je décidai de tout laisser tomber pour me consacrer pendant trois ans à de nouvelles études pour obtenir des diplômes sportifs d’état ainsi que d’autres, très convoités dans l’animation des groupes de jeune !
A 45 ans mon projet de reconversion fut accueilli assez fraîchement par les différents services des sports, surtout en voyant arriver le personnage bedonnant que j’étais devenu mais qu’à cela ne tienne, ils n’avaient pas compté sur ma folle détermination qui me fit réussir toute mon entreprise.
Au-delà de mes espérances d’ailleurs, ce qui m’a fait subir de lourdes jalousies et convoitises pour le sérieux de mes engagements professionnels face à un milieu souvent associatif, plus préoccupés d’intérêts personnels que collectifs.

Maigrir, se re-dynamiser, apprendre des jours et des nuits… redevenir présentable et à peu près jeune !
J’ai ainsi pu exercer, encore aujourd’hui d’ailleurs, le métier que j’ai toujours voulu faire :
Educateur Sportif !

D’autres projectiles terriblement ciblés atteignirent l’homme dans ses faux semblants masculins !
D’abord le bonhomme Michelin avait commencé à perdre ses enveloppes extérieures comme autant de couches dans un oignon.
Disgracieuses assurément, mais protectrices, probablement car la vue de mon corps me devint moins pénible.

De toute évidence ces changements ne se firent pas en un jour, ou d’un instant à l’autre, comme la lumière qui s’allume ou s’éteint, au gré, instantané, des manipulations d’un interrupteur.
Je l’assimile souvent au processus volcanique qui fait qu’une éruption, en l’état actuel de notre science, peut être perçue un peu à l’avance.
Il n’y a certainement pas sismographes à Transsexualité, mais les soubresauts de l’esprit sont autant de marqueurs qu’un événement se prépare et la montée en température devient un avertisseur pour le moins fiable.
Cependant comme à Pompéi, je ressentis plus que je ne vis les signes avant coureurs et mes ignorances me firent passer largement à coté d’évidences criardes que j’éludais en toute tranquillité.
Eblouie par la lumière de Dieu, j’étais aveuglée des choses du monde, de mon monde, de moi-même.

Aux petits matins de ses 45 ans, Aube/Michèle s’éveillait en ronronnant comme une chatte après une longue sieste au soleil, s’étirant ou baillant à s’en décrocher la mâchoire, même pas réellement convaincue d’avoir rejoint le monde conscient.

Ce fut le plus souvent à partir de moments anodins mais suffisamment marquants que je refis surface, jusqu’à la révélation de ma propre vie de femme, celle qu’au fond de moi, je n’avais jamais cessé d’être.

Je me laissais tenter par quelques bonnes émissions, particulièrement de Mireille Dumas, sur le travestisme et la transsexualité entre autres.
On pourra toujours critiquer ce que cette animatrice avait fait, de la même manière que celles et ceux qui tentent toujours, maladroitement des fois, d’informer sur nos difficultés, il n’en reste pas moins vrai qu’ils ont ouvert d’énormes brèches dans des préjugés publics bien ancrés.
Le courage et la détermination de certaines qui témoignaient s’est frayé un chemin dans mes pensées pour aller dire à la belle endormie qu’elle vivait encore.
Je me surpris à penser que j’étais comme elles….affirmation fugace vite réfutée puisque je n’en avais plus le droit !

Je suis certaine que ce sont avant tout dans mes moments de quiétude, généralement dans mes montagnes retrouvées que les cheminements s’opérèrent le mieux.
Dans toutes nos vies le quotidien prends le dessus sur nos raisonnements profonds pour y juxtaposer les soucis de tous les jours, noyant sous des tonnes de gravats journaliers les pensées les plus intimes…motrices de nos destinées.
Cet ainsi que je découvris ces changements, seulement dans les apogées de l’immense sinusoïde de mes comportements qui fait émerger les temps forts, comme des îles au beau milieu d’océans trompeurs.

Mais solidement ancrée dans mes engagements, je ne lui fis pas la part belle, au contraire.
La femme fut muselée dans un univers d’homme

Aube/Michèle a été obligée de me suivre, bon gré, mal gré, car je ne lui en ai pas laissé le choix !
De toutes les manières, même si mon travail peut s’exercer aussi bien en garçon qu’en fille, le sexe de l’intervenant importe peu, j’ai du garder mon sexe d’origine entré dans la connaissance de tous, autant des jeunes que des parents, sans y apporter la moindre modification qui aurait pu être génératrice de réprobation.
Donc je dus m’accommoder du sexe socialement préférentiel dans lequel j’étais reconnu dans mes activités professionnelles, tout en faisant bien attention à ne rien laisser transparaître de mes penchants, car, lorsqu’on s’occupe de jeunes, il vaut mieux se comporter de façon irréprochable.
Ce que je continue à faire aujourd’hui, en pensant qu’un jour prochain les apparences auront moins d’importance dans ma vie, en atteignant la retraite.

Lentement mais de plus en plus sûrement j’ai retrouvé mes petites habitudes féminines :
Me remettre à feuilleter les magasines féminins pour y pêcher des idées, me rendormir dans une chemise de nuit douillette, les soirs seule au chalet, ne plus se raser mais s’épiler le visage, reporter des sous vêtements féminins (je précise non par fétichisme mais pour m’isoler des contacts masculins qui agressent ma peau.
Et puis de fil en aiguille je me suis sentie mal dans ma biologie d’homme.
Alors un jour en présence d’une copine qui me les avait achetés de petits cachets bleus re-glissèrent dans ma gorge: une pilule anticonceptionnelle fortement dosée en estrogènes et progestérone.
Je devais à tous prix museler mes caractères masculins primaires courants qui me faisaient à nouveau vivre dans une souffrance morale incontrôlable toutes les velléités normales d’érection.
Il n’a jamais plus été question de reprendre le cours de ma vie là où je l’avais laissé quelques années plus tôt, mais je ne pouvais plus faire comme si de rien n’était.
Le plus invivable était de tout faire en cachette, difficilement pour tout remettre à l’envers du quotidien.

Cette tranche de vie, environs cinq années marquées par cet amour amitié émouvant, avaient laissé une empreinte indélébile dans ma façon d’être.

D’abord, j’affichais quelques années de plus et le poids des ans était passé sur mon physique.

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Le manque délibéré d’entretien corporel masculin, l’accumulation de prises d’hormones inverses avec des doses massives de testostérone avaient eu raison des mes courbes plus féminines acquises à grand prix.
J’avais perdu pas mal de cheveux dans la bataille et obtenu un bon ventre de quinquagénaire bon vivant…sauf que je vivais mal tout à la fois l’homme et le sois disant bon vivant.

La silhouette gracile de la jeune femme abandonnée quelque temps plus tôt pourrait-elle se frayer un chemin dans ce mâle environnement ?
Rien n’était moins sur, mais il était vital d’y arriver !

Si la réintégration des apparences posait problème je savais sans le moindre risque d’erreurs que je ne serai plus jamais la personne délurée que j’ai été parce qu’entre temps le sens du mot fidélité a pris une dimension nouvelle dans mon esprit.
Avais-je raisonnablement le droit de courir le guilledou quand une femme qui m’aime jusqu’au delà de mes apparences avait déjà accepté dans le passé de vivre, avec moi, ma différence ?
Quand un épouse, comme la mienne, totalement au courant de mes frasques ne m’en avait jamais tenu rigueur ?
Combien de femmes, moins jeunes mais toujours belles, auraient pu se contenter d’un calme sexuel énorme en dehors de quelques caresses et de rares pénétrations laborieuses ?

Ensuite, comme la dit mon amie Mélina, l’effet boomerang du retour me fut proportionnel à l’effort désespéré de la reconquête de mon masculin.
Alors, dans une violence inouïe, je me sentis animée d’une détermination décuplée à aller jusqu’au bout de ma féminité.

Cette pensée envahit mon esprit jusque dans les coins les plus reculés de mon inconscient, en opposition totale avec ma volonté.
Au cœur d’une souffrance morale indicible, pendant plusieurs années, je surnageai dans un océan de contradiction quand mon corps se voulut encore et toujours au masculin tandis que mon cœur féminin lui fit une chasse effrénée...en silence, car cette lutte n’était plus avouable.
J’en étais revenue !
Seulement je ne lui laissais pas deviner toute l’étendue des dégâts, en lui cachant mon retour dans un mensonge dont j’ai toujours honte.
L’aveu fut difficile à décider et pénible dans sa réalisation.

Je profitai de mes ballades solitaire dans la nature, sous les futaies profondes à la cueillette de champignons, au bord des eaux claires des lacs à la pèche, sur quelques sentiers escarpés de mes randonnées montagnardes pour laisser aller mon cœur à ma spontanéité naturelle qui me conduisait toujours à l’image d’une femme en train d’accomplir l’activité du moment.
Seulement l’image du cœur n’était pas celle des yeux et très souvent je m’effondrai en larmes là où je me trouvais, au bord d’un chemin, un ruisseau ou dans les fougères.

Mes vaines prières n’eurent d’écho que le silence de Dieu !

Je me souviens très bien de moments à la fois terribles et merveilleux de cette sorte de renaissance quand mes réactions les plus intimes reprenaient le pas sur le consciemment affiché !
Les moments où je décidais enfin de ne pas lutter étaient une pure merveille où, pour une fois, je me sentais bien dans ma peau :
Un jour, comme j’étais partie en ballade dans la montagne, je m’arrêtai sur le coup de midi pour déjeuner dans une clairière dans laquelle je ne fus rapidement pas seule.
Une biche toute jeune vint m’y retrouver !
J’ai toujours eu un contact remarquable avec la vie sauvage qui m’a fait côtoyer de nombreuses espèces animales de près, ce qui me fait interroger sur cette part de moi, féminine, qui semblerait rassurer les animaux qui m’approchent, cette petite bête notamment.
Je me demande si ce jeune animal ne fut pas l’être vivant qui reçut le plus de confidences d’un humain, dites à voix basse avec une douceur infinie ! Et elle m’écouta !
Je lui exprimai mon mal de vivre, mes joies passées, mes peines présentes, mes espoirs d’un futur meilleur dans un autre état physique que celui du moment, mes craintes et mes négations de l’amour divin.
Je lui parlai aussi de sa vie et de sa beauté tandis que de grosses larmes coulaient sans arrêt sur mes joues dans un moment de communion animale intense.

Ce n’étaient hélas que des îles désertes au milieu d’océans d’incertitudes.

C’est tout cela qui fit de moi, par le plus grand des paradoxes une personnalité à la fois, publique et secrète !


Dernière édition par Michele66 le Ven 13 Jan - 10:08, édité 1 fois

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Et puis la femme surgit ...

Message  Joanna Liberty le Jeu 12 Jan - 15:54

... comme de derriere un buisson que nul n'aurait vu. Elle s'offrit a leurs regards, nue, sous un voile d'impudeur violente. Une fois encore ils ne voyaient rien car leurs yeux avaient été domptés. Elle était là, légère et souffrante, belle et enlaidie, fragile sous leurs regards aveugles.

C'est très beau et bien ecrit. On peut toutes se retrouver dans tes mots.

Là ou je suis très surprise et émue, car je croyais être la seule à vivre ce genre de chose n'en n'ayant jamais entendu dire avant, c'est ton contact avec les animaux.

Me voilà à nouveau un peu bousculée, mais tu n'y est pour rien, ce mois de janvier est pour moi horrible. Tout remonte, tout refait surface, le mal vécu principalement. Mais là ce sont quelques larmes de bonheur. Moi, ils avaient des noms, ils venaient me chercher quand il y avait un problème, quand ils étaient bléssés, ou quand tout simplement ils avaient envie de me voir.
Juste avant mon coming out, durant un an, j'ai eu une communion intense avec eux et en eux j'ai trouvée la force d'être moi-même.

Merci pour ce très joli moment de lecture.
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Re: RETOUR VERS LE FUTUR.

Message  Michele66 le Jeu 12 Jan - 16:07

C'est un peu pour ça que plus jeune, j'avais passé mon "accompagnateur moyenne montagne". La faune me passionnait et je connais bien aujourd'hui la majorité des oiseaux de ma montagne! La flore un peu moins mais il fallait l'étudier! Fut une époque où j'ai courru les bois, appareil et téléobjectif à la main!
....Je commence....à recommencer!!!! Hihi!

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